De
l'influence du Marketing
Nous aurions beau jeu de hurler contre le marketing en disant de manière simpliste « ils se foutent de la gueule des pauvres bougres ».
Le fait de posséder un cerveau surdimensionnée et sur-éduqué ne met pas à l’abri de s’y faire injecter des idées «étrangères». Tout cela tient au fait que les gens qui mettent en place la stratégie et ceux qui la communiquent sont loin d’être les plus cons de tous (sinon comment expliquer qu’ils soient si bien payés !;o)).
Plus sérieusement, quand on achète un objet
aussi futile qu’une montre mécanique à l’ère de la montre pilotée, on
achète le plaisir de posséder quelque chose qui nous renvoie une image de nous
même que l’on trouve agréable.
Ce concept est presque systématiquement étendu intentionnellement et axé sur
l’image que le possesseur de cet objet va renvoyer aux autres. Nous sommes
tous, malgré tout, avide de savoir comment nous sommes par rapport au reste du
Monde, et c’est extrêmement naturel (j’entends d’ici les cris « mais
non, j’en ai rien à foutre de ce que pensent les autres, c’est pas vrai !
bla bla » mais en y pensant, comme ça, juste pour voir…).
Même l’amateur très éclairé, très intelligent, très cultivé et peu
influencé par ce que les autres pensent de lui est sensible à cette image que
cet objet va lui renvoyer. Et c’est le positionnement stratégique, donc la définition
des produits, communiqué via le marketing et la communication qui va permettre
de créer cette image. Le marketing de la marque répand alors cette image à
son intention avec plus ou moins de force, de subtilité, de pertinence, de
talent.
Donc, ne nous méprenons pas, nous sommes tous victimes (consentantes) de ces
injecteurs d’image. Seulement, l’image qui ne nous est pas destinée peut
parfois nous irriter. Mais celui qui crée cette irritation, s’en moque, nous
ne sommes pas sa cible ! Le vrai bon marketing est celui qui est totalement
imperceptible pour sa cible. Tout au plus, celui qui est visé voit en cette
communication de l’information utile !
N’oublions pas que même une marque «confidentielle» joue sur ce tableau : celui
de la rareté, de l’exclusivité, destinée à ces prétentieux qui s’imaginent ne
pas être influencés par le marketing. Et cette exclusivité n’est pas seulement
basée sur l’argent mais parfois sur d’autres facteurs, comme l’appartenance
à un milieu fermé, branché.
Le virage le plus difficile à négocier alors, est de sortir de cette cible confidentielle pour accroître sa base et par là, ses revenus, sans saboter cette image (si on veut la garder).
Bruno